2 questions à Guillaume Douet, Directeur de l’IEDH.
Quel constat dressez-vous sur la formation des bénévoles ?
Les besoins en formation sont nombreux au sein des associations et une majorité de nouveaux bénévoles confirment leur souhait d’être formé.
Et pourtant, trop peu d’entre eux ont la chance de se voir proposer des formations et, paradoxalement, ceux qui en bénéficient ne sont pas toujours ceux qui en ont le plus besoin. Dans un contexte où l’engagement des bénévoles est aujourd’hui de plus en plus ponctuel, les offres de formations doivent donc être en mesure de s’adapter à une nouvelle forme de bénévolat et à des besoins très spécifiques, parfois difficiles à anticiper.
« Les associations doivent s’adapter aux nouveaux modes d’engagement des bénévoles »
Quels sont les conseils donneriez-vous aux responsables d’association pour inciter leurs bénévoles à se former ?
1 : Mon premier conseil est de rendre les formations visibles – sur internet, sur votre intranet ou sur tout autre support papier – afin que les bénévoles puissent y avoir accès en toute facilité. N’hésitez pas à multiplier les canaux de communication !
2 : Il me semble également judicieux de proposer plusieurs stages le même jour et sur un même lieu.
Se rendre à plusieurs sur un lieu de formation favorise l’émulation et l’esprit d’équipe. L’expérience de formation peut même débuter dès le trajet. Rien de tel que le co-voiturage pour favoriser le partage et la convivialité !
3 : Elargir la communication au grand public, notamment via des annonces dans la presse quotidienne régionale est également une idée intéressante. J’ai en tête l’exemple d’une antenne de la Croix Rouge qui, pour donner envie à de nouveaux bénévoles de les rejoindre, a offert une journée de formation en échange d’une journée de quête. Une initiative qui a pour mérite d’inciter au bénévolat – même ponctuel – d’exprimer le fort besoin en bénévoles et l’envie de l’équipe d’accueillir de nouveaux membres. Cela permet aussi de présenter la formation comme un plus, tout en offrant une excellente visibilité à une large audience. http://www.ouest-france.fr/bretagne/landerneau-29800/landerneau-journees-nationales-de-la-croix-rouge-4250587
4 : Je recommanderais aussi de veiller à l’équilibre entre les formations prévues longtemps à l’avance (bien souvent recensées au sein de catalogues) et les formations dites “de dernière minute” (équipes en crise, nouveaux projets…) également nécessaires. En effet, la formation doit apporter une réponse précise aux besoins de vos bénévoles. Or, ces besoins ne sont pas toujours identifiables et identifiés plusieurs mois à l’avance. Il me semble donc important de conserver un budget dédié aux formations de dernière minute afin de coller aux besoins et aux attentes réels du terrain et des équipes.
- : Enfin, rien de vaut le vécu et le partage d’expériences entre pairs ! En fin de formation, n’hésitez pas à recueillir des témoignages de bénévoles satisfaits. Ils sont les mieux placés pour donner envie à vos équipes de se former puis de témoigner à leur tour. Une initiative qui motive à coup sûr !
Le harcèlement scolaire ne concerne pas que les autres : les autres enfants, les autres parents.
L’IEDH propose un nouveau stage sur cette problématique bien douloureuse et impactant fortement les relations parents/enfants. A cette occasion, nous avons interviewé Marie-Charlotte Clerf formatrice IEDH et animatrice de ce stage.
IEDH : Pourquoi ce stage ?
MCC : Lorsque l’on découvre que son enfant est harcelé à l’école, le monde s’écroule…Généralement les parents culpabilisent : comment se fait-il qu’ils ne s’en soient pas rendus compte avant ? Ensuite, ils connaissent une très grande colère : l’envie d’aller régler ses comptes soi-même à celui qui harcèle, l’espoir que l’école va résoudre le problème très rapidement… et bien-sur la douleur immense de voir son enfant détruit.
Or le règlement du harcèlement est le plus souvent long et complexe. Les parents ont besoin de relâcher la pression, de partager avec d’autres personnes qui comprennent ce qu’ils vivent. De plus, certaines attitudes, certaines tentatives de solution des parents peuvent amener une aggravation du harcèlement au lieu de le faire diminuer.
Ce stage a pour objectif de proposer un lieu de partage et d’écoute, et de donner aux parents des clés pour accompagner au mieux leurs enfants harcelés.
Comment le stage se déroule-t-il ?
Lors du stage, il y aura des temps de partage et d’écoute en petit et grand groupe, des apports théoriques sur le harcèlement et des clés pour accompagner son enfant. Le tout dans un environnement bienveillant permettant d’établir une confiance rapide entre les participants.
Les
parents ont-ils la certitude que le harcèlement s’arrêtera après ce stage ?
Non, personne ne peut faire cette promesse. En revanche, ils repartiront plus apaisés et auront des clés concrètes pour accompagner leur enfant, et lui donner toutes les chances de s’en sortir.
Ce stage est-il fait pour les parents qui ont des doutes et n’ont pas la certitude que leur enfant est harcelé ?
Les parents qui s’inquiètent mais n’ont pas de certitude sur le harcèlement (car leur enfant, comme 90% des enfants harcelés, ne leur en parle pas) y trouveront quelques éléments qui pourront les éclairer. Ce stage est vraiment adapté aux parents qui ont la certitude que cela arrive à leur enfant. Ceci étant, un parent qui a de forts doutes peut, la plupart du temps, faire confiance à son instinct et je l’invite à s’inscrire.
Descriptif du stage et inscriptions : ici
A l’occasion d’un partenariat avec la Maison des Familles du 92, l’IEDH a posé 3 questions sur le stage « mieux vivre la précocité intellectuelle des ses enfants » à Marie de La Rivière.
Pourquoi ce stage ?
MdLR : Ce n’est pas toujours facile d’élever un enfant précoce : ses comportements peuvent être déroutants, les difficultés rencontrées ne sont pas toujours reconnues. Le dialogue avec les professionnels de l’éducation est souvent compliqué, sans compter les réactions de l’entourage qui peuvent mettre mal à l’aise.
Résultat, la vie de la famille peut être compliquée, et les parents peuvent se sentir à la fois démunis et très seuls.
Cette formation est une proposition pour leur permettre de mieux comprendre les impacts de la précocité, tant sur leur enfant que sur eux-mêmes, et leur donner des pistes de réflexions et d’actions concrètes afin d’améliorer des relations quotidiennes. Le but du jeu ? Mieux vivre la précocité au quotidien ! En faire une chance !
Comment cela se passe t’il ?
MdLR : Nous travaillons à partir d’une alternance de théorie, de temps d’échanges et d’exercices pratiques personnalisés, le tout dans un cadre convivial et bienveillant !
Pour qui ? parents d’enfants déjà diagnostiqués ? ou non?
MdLR : Cette formation est particulièrement utile pour des parents qui découvrent la précocité, ou pour des parents qui souhaitent approfondir, tout en souhaitant rencontrer d’autres parents concernés.
Descriptif du stage, inscriptions : ici
A l’occasion du nouveau stage de l’IEDH « comprendre et apprivoiser nos émotions », nous avons interviewé une des 2 conceptrices de ce nouveau module : Hélène de Monclin.
Comment vous est venue l’idée de créer un stage sur ce thème ?
Trop de personnes souffrent de leurs émotions, les subissent, les jugent, en ont honte … alors que nous vivons à travers ces émotions !
Les questions fréquentes des stagiaires rencontrés, leurs témoignages, leur embarras devant leur propre charge émotionnelle et celle de leur entourage nous ont donné en équipe l’envie de partager nos découvertes sur ce sujet.
Et alors les émotions sont-elles positives ou négatives ?
Ni l’un ni l’autre bien au contraire !
Certes elles sont confortables ou inconfortables à vivre mais nous ne choisissons pas de les vivre !
Elles sont neutres moralement : C’est plutôt ce qu’on en fait qui est positif ou négatif. Si je casse tout avec ma colère ou si je fuis avec ma peur, est-ce positif ?
Ne vaut-il pas mieux les mettre de côté et ne pas trop s’y frotter !?
Et oui, nous avons souvent entendu parler du contrôle de soi, et sommes parfois pétris d’injonctions comme « ne montre pas ce que tu ressens ! », « ne pleure pas devant les autres », « serre les dents « , » prends sur toi » , « ça ne se fait pas ! ».
Elles sont pourtant une formidable source d’énergie et d’information sur nos besoins.
Nous pouvons « mettre un couvercle sur la casserole de lait qui déborde » comme l’illustre Isabelle Filliozat, et les nier… elles restent présentes !
Nous pouvons aussi lutter contre elle : que d’énergie dépensée …
Alors que peut-on vivre en une seule journée sur ce sujet ?
Nous annonçons notre objectif : se réconcilier avec nos émotions et même avec les plus inconfortables .
A l’approche de l’été, une image me vient : et si nous surfions sur la vague de nos émotions au lieu de prendre le « bouillon », en utilisant leur force pour la mettre au service du bien !
Egalement nous prendrons le temps de découvrir les signes de l’arrivée d’une émotion : ou se situent les émotions dans notre corps ? et de chercher à décrypter de quels besoins notre émotion nous parle ?
Vaste programme pour une journée intense de formation !
N’est ce pas un peu nombriliste tout ça ?
Laisser parler ses émotions, les entendre, les comprendre, les vivre nous permettra d’accéder pleinement à l’écoute de l’autre de ses émotions également …
On entend parler d’intelligence émotionnelle qu’est-ce que cela veut dire ?
Cette expression désigne la capacité fondamentale de savoir reconnaître, entendre, écouter et vivre ses émotions et à sortir des manifestations réactionnelles qui viennent parfois télescoper la relation. L’intelligence émotionnelle met en contact avec la part d’humain de chacun.
Odile et moi sommes formées à l’intelligence émotionnelle pour accompagner chacun à mieux vivre ses émotions et les mettre au service de leur relation aux autres.
Développer son intelligence émotionnelle, c’est mieux se connaitre et ainsi pourvoir s’ouvrir à l’autre en se différenciant et accueillant tout ce qui l’anime.
renseignements et inscriptions : ici
L’IEDH propose un nouveau stage : Mieux comprendre et connaître les personnes en situation de migration
Nous avons interviewé Evangéline Masson-Diez, pilote pour l’IEDH, de ce module.
Le sujet de l’accueil des migrants est d’actualité. Comment vous est venue l’idée de proposer un nouveau stage?
Evangéline Masson-Diez (EMD) : Depuis 2015, plus de 1,2 million de personnes ont entrepris la traversée de la Méditerranée dans l’espoir d’atteindre l’Europe. Ce déplacement d’hommes, de femmes et d’enfants cherchant l’asile, la sécurité et un meilleur avenir est l’un des plus importants dans l’histoire du continent. Les décès sur la route et lors des traversées, les déplacements massifs de population durant l’été 2015, les installations sauvages et les campements dans l’espace urbain ainsi que les débats autour de la répartition des demandeurs d’asile et de l’accueil des étrangers font régulièrement la une des journaux et interpellent tant les citoyens que les politiques.
Les acteurs associatifs engagés dans l’accueil des migrants ont-ils besoin de se former?
EMD : Dans cette actualité complexe, nous sommes face à nos responsabilités d’accueil et d’hospitalité. L’accueil de l’autre, de l’étranger, ne coule pas de source et ne s’improvise pas. La bonne volonté ne suffit pas toujours. C’est dans ce contexte qu’est née l’idée de ce stage.
A qui s’adresse ce module?
EMD : L’objectif de ce module est de permettre à chacun, bénévoles et salariés d’associations, paroisses, élus de mairie, travailleurs sociaux mais aussi citoyens côtoyant des Centre d’Accueil et d’Orientation ou des campements, déjà engagés dans l’accueil et/ou l’hébergement des personnes en situation de migration ou souhaitant s’engager sur cette thématique, de mieux comprendre la réalité de la migration actuelle et les parcours de vie des personnes qui arrivent en France et de mieux connaître les acteurs possibles et les lois régissant l’asile et l’accueil.
Sur quelles expériences vous êtes-vous appuyée?
EMD : Après avoir passé quelques temps comme bénévole et chercheuse à Idomeni (Grèce), Vintimille (Italie), Calais et Paris dans les campements et les bidonvilles, j’ai pu percevoir non seulement la variété des situations individuelles, la complexité de la loi, mais aussi les lacunes et les forces des réseaux et des actions de solidarité.
Comment avez-vous conçu ce stage?
EMD : Pendant deux jours, à partir de l’expression des participants, nous confronterons nos expériences et nos questionnements afin de nourrir une réflexion partagée. L’objectif est de pouvoir travailler sur des situations concrètes, à partir d’une connaissance fine des causes de départ et des parcours de vie, des problématiques rencontrées par les personnes durant leur voyage et à leur arrivée en France. En espérant que ces deux jours permettent à chacun de mieux définir son action et son engagement en respectant les besoins, les demandes mais aussi les ressources des personnes en situation de migration.
Plus d’informations sur ce stage en cliquant ici
Pour organiser ce stage dans votre structure : contact@iedh.fr
Prochaines formations :
Jeudi 30 Mars. Thème « la gestion de conflits »
Lundi 19 Juin. Thème : « Le vivre ensemble »
Le Service Civique s’adresse aux jeunes de 16 à 25 ans (et jusqu’à 30 ans pour les personnes en situation de handicap). Il permet de s’engager, sans condition de diplôme, dans une mission d’intérêt général au sein d’une association, d’un établissement public ou d’une collectivité, en France comme à l’étranger et dans 9 domaines d’action : solidarité, environnement, sport, culture, éducation, santé, intervention d’urgence, mémoire et citoyenneté, aide humanitaire. En France, le Service Civique est fortement encouragé. Ainsi, le Gouvernement n’hésite pas à communiquer régulièrement sur le développement du volontariat et un nombre croissant d’associations accueille désormais des volontaires au Service Civique, sur des missions de 6 à 12 mois.
Chaque association a alors l’obligation de proposer une formation aux premiers secours ainsi qu’une formation civique et citoyenne. L’IEDH s’applique à proposer un accompagnement pour les petites structures n’ayant pas toujours la capacité d’investissement nécessaire.
L’IEDH a déjà développé une quinzaine de thèmes pour cette formation, dans le cadre du référentiel officiel. En voici 3 exemples :
- L’engagement : la signification et la portée de l’engagement, les différentes formes d’engagement, les motivations de l’engagement, l’évolution de l’engagement au fil du temps, l’engagement aujourd’hui.
Le + de l’IEDH : un focus sur l’engagement des jeunes.
2. Le Vivre ensemble : la connaissance des autres, le respect de la différence, la xénophobie, le handicap, la pauvreté, la question des minorités.
Le + de l’IEDH : les migrants et les roms.
3. La gestion des conflits : la médiation et la négociation, le médiateur de la République, les conflits sur les lieux de travail.
Le + de l’IEDH : la communication non-violente.
« Le profil de nos formateurs, souvent anciens tuteurs ou volontaires eux-mêmes,
nous permet de proposer des formations
au plus près des réalités rencontrées par nos stagiaires . »
Guillaume Douet, Directeur de l’IEDH
Témoignage de Lucie Mando
Engagée à l’A.P.A. (Association Pour l’Amitié), Lucie a pu bénéficier d’une formation sur l’engagement en France, dispensée par l’IEDH, dans le cadre de son Service Civique.
« L’âge ne doit pas être un facteur discriminant. Lorsqu’on est jeune, il ne faut pas avoir peur de s’engager.
A tout âge, chacun est riche de son expérience et de son vécu. »
« Au départ, je n’étais pas très motivée par cette formation dispensée à la fin de mon Service Civique. Je considérais qu’elle aurait été plus utile à son démarrage. Qui plus est, je m’estimais déjà relativement bien informée sur la thématique de l’engagement. Or, a posteriori, j’avoue que cette formation a été riche en enseignements. J’ai été surprise par la diversité des engagements existants. La définition de l’engagement est bien plus étendue que ce que j’imaginais. J’ai été sensible au fait que les jeunes étaient nombreux à vouloir s’engager mais que le manque de moyens les empêchait souvent de mener leur projet à bien. J’ai alors réalisé que j’étais investie d’une responsabilité, car c’est aussi à moi qu’il appartient désormais d’encourager les jeunes à s’engager.
Cette formation m’a également ouvert les yeux sur l’après Service Civique. J’ai pu y découvrir d’autres associations qui correspondent à mon profil et dans lesquelles je pourrais m’engager, sur un mode associatif ou professionnel.
Enfin, j’ai apprécié le format très participatif. Le partage de nos expériences en début de session a permis à Guillaume Douet, en charge de l’animation, de personnaliser son intervention et tout au long de la journée, les nombreux échanges ont rendu cette formation vivante et constructive. »
Voir ici la fiche descriptive de cette formation.
A l’heure où le nombre de bénévoles et le nombre de personnes en recherche d’emploi n’ont jamais été aussi élevés en France, l’IEDH a animé son premier atelier sur le sujet.
Depuis 2002 et la prise en compte de l’engagement bénévole pour la VAE, de nombreuses associations, écoles supérieures et structures publiques se sont emparées de ce thème devenu à la mode.
De l’expérience bénévole à la compétence professionnelle
Depuis près de 15 ans, nous remarquons une augmentation de l’utilisation des expériences bénévoles pour rechercher un emploi.
Un responsable d’une grande association caritative témoignait ainsi « actuellement, une personne sur deux nous contactant pour être bénévole signale par mail qu’il est en recherche d’emploi. Cela signifie notamment une disponibilité ponctuelle mais aussi la recherche d’expériences enrichissantes pour son projet professionnel ».
Il poursuivait ainsi « cela peut être aussi bien un primo-demandeur d’emploi qu’une personne en 2ème partie de carrière ».
Les CV contiennent de plus en plus souvent des signes d’engagement bénévole, parfois en fin de page dans une rubrique « fourre-tout » mais aussi dans des rubriques « compétences » ou « autres expériences »
Des outils nombreux mais insuffisamment utilisés
Plusieurs outils permettent de mettre en lumière des compétences acquises ou développées grâce aux expériences bénévoles.
2 exemples « généralistes »:
le Passeport Bénévole de France Bénévolat
Le portefeuille de compétences du ministère en charge de la Vie Associative
2 exemples plus ciblés pour les jeunes :
- le Programme « bénévolat et compétences » d’Animafac
- « Valorise-toi » l’outil d’autoévaluation des Scouts et Guides de France
Des associations encore peu mobilisées
Si les associations de jeunes se mobilisent depuis déjà plusieurs années, nous remarquons que les autres restent bien timides.
Plusieurs obstacles à cette démarche subsistent :
- L’accueil des bénévoles en recherche d’emploi n’est toujours pas facile dans certaines structures. Quand un « candidat bénévole » est incertain sur sa disponibilité, son futur logement, son emploi du temps, les acteurs en place peuvent préférer un « profil » plus stable. Nous avons encore de nombreux témoignages de jeunes ou moins jeunes exprimant leur ras-le-bol devant cette double exclusion ( travail et engagement associatif).
- Prendre du temps pour accueillir et accompagner les bénévoles peut être compris comme du « temps volé » à l’action elle même : encadrer des jeunes sportifs, sensibiliser à l’environnement ou accompagner des personnes en difficultés. Les dirigeants associatifs sont souvent sensibles à ce sujet mais n’arrivent pas toujours à s’en donner les moyens .
- Aider un bénévole à valoriser son engagement demande des compétences dans plusieurs domaines : la vie associative, le bénévolat mais aussi le monde du travail, les ressources humaines, voire le recrutement. Celui qui cherche alors à utiliser un des outils précédemment nommés peut se sentir bien seul et souvent il abandonne.
La proposition IEDH : un atelier participatif et dynamique
L’IEDH souhaite soutenir les associations dans cet accompagnement par une méthodologie adaptée à chacun et permettant à tous ceux qui en ont besoin d’être soutenu dans leur recherche d’emploi.
Le 23 janvier 2017 , Milan Accueil, membre de la FIAFE, avait invité une quarantaine de bénévoles à cet atelier.
L’alternance de temps d’échanges et d’apport par l’intervenant s’est révélée efficace. Le tout dans une excellente ambiance (le buffet de produits locaux y a largement participé).
Voir ici la fiche descriptive de l’atelier.
Témoignages des participants :
« Un des points que je retiens le plus : « la valeur que donnent les autres à mon bénévolat provient de la valeur que je lui donne MOI-MEME ».
« Les participants étaient absorbés et je crois contents d’accepter de prendre du temps pour eux-même et de réfléchir sur l’essence même de ce qu’ils font. Les bénévoles donnent mais peuvent aussi recevoir. »
« La formation m’a bien apporté des conseils pratiques pour ma vie professionnelle. »
« J’ai pu distinguer et nommer des compétences que je peux réutiliser dans mon CV »
« J’ai pris conscience de la diversité du concept « bénévolat » pour chacun d’entre nous. Ce qui implique la nécessité d’avoir un esprit ouvert pour accueillir les nouveaux projets et des nouveaux membres dans l’équipe. Cela permet aussi de faciliter le recrutement. »
Le Compte engagement citoyenneté donne la possibilité à toute personne de recenser ses activités bénévoles ou de volontariat (service civique, réserve…) pour acquérir des heures de formation sur son compte personnel d’activité (voir encadré). L’utilisation de ces heures de formation par les titulaires d’un compte activité doit être financée par l’Etat.
Mode d’emploi pour les activités bénévoles :
Le CEC peut être ouvert par les bénévoles qui :
- siègent dans l’organe d’administration ou de direction de l’association
- participent à l’encadrement d’autres bénévoles pendant au moins 200 heures au cours de l’année civile dans 1 ou plusieurs associations
Ces activités bénévoles peuvent permettre d’acquérir 20 heures forfaitaires par an et par activité (le total des heures acquises au titre du CEC est limité à 60h).
Au plus tard le 30 juin de chaque année, les bénévoles souhaitant alimenter leur CEC déclare, sur le site CPA, le nombre d’heures qu’ils ont réalisées au cours de l’année civile précédente.
L’exactitude des données enregistrées par les bénévoles est attestée par chaque association concernée au plus tard le 31 décembre de l’année au cours de laquelle la déclaration a été effectuée.
Le CEC indiquera à son titulaire le nombre d’heures dont il dispose pour effectuer une formation.
Dès 2018, les titulaires pourront mobiliser leurs heures CEC de deux façons :
- Soit pour suivre des formations éligibles au CPF ;
- Soit pour suivre des formations spécifiques aux bénévoles et aux volontaires en service civique.
Le service sera effectif en 2018 pour les premières déclarations au titre de l’année 2017.
Premiers éléments d’analyse ( France Bénévolat):
- Le Compte engagement citoyen est une importante reconnaissance du bénévolat associatif et des bénévoles engagés, il doit également devenir une source de valorisation à travers le soutien à la formation des bénévoles.
- La réussite de ce nouveau dispositif reposera notamment :
- des modalités de mise en œuvre simples pour les bénévoles comme pour les associations,
- une bonne information des acteurs associatifs
- la garantie d’un financement pérenne pour les formations dites associatives, hors du CPF
Actions à mener dans les prochains mois :
pour les bénévoles
- s’inscrire sur moncompteactivité.gouv.fr (avant fin juin 2017)
- pour les associations
- informer les bénévoles du dispositif ( avant fin juin 2017)
- prévoir de fournir des attestations pour les bénévoles concernés
- continuer à prévoir des formations pour les bénévoles non concernés par le dispositif ( bénévoles de terrain, nouveaux bénévoles, formations internes…)
Rédaction : Blaise Casévitz, Guillaume Douet (IEDH), Hubert Pénicaud, administrateurs de France Bénévolat.
L’IEDH est membre de France Bénévolat
L’IEDH regroupe un potentiel d’expériences professionnelles et humaines de formateurs et de consultants engagés eux-mêmes dans l’action locale, l’éducation populaire, la coopération interculturelle, le développement personnel… et plus généralement dans la vie sociale et associative. Tous munis d’une solide formation initiale, d’une expérience humaine riche et variée et d’une acquisition continue de compétences, les intervenants de l’IEDH associent la compétence professionnelle à la culture militante.
Mais quel regard portent-ils eux-mêmes sur leur engagement au sein de l’IEDH ?
« S’adapter en permanence aux besoins collectifs et aux besoins de chaque individu »
La vision de Marie-Ségolène Boiron, animatrice sur les formations à l’écoute, à l’animation de groupe, et à la communication parents-enfants
Etre formateur à l’IEDH, c’est accompagner les associations dans la valorisation et la professionnalisation de leurs bénévoles. C’est voir dans cet engagement bénévole un lieu de découverte, d’élargissement, d’approfondissement de nouvelles compétences et des outils au service de la mission qui leur est confiée. C’est donner du sens à leur mission et nourrir la joie de se donner.
Etre formateur à l’IEDH, c’est accompagner les personnes sur un chemin de croissance personnelle et de connaissance de soi au service des autres, dans leur famille mais aussi dans leur environnement amical, professionnel ou associatif.
Etre formateur à l’IEDH, c’est vivre de ce que l’on transmet, c’est croire que la cohérence est le meilleur outil du formateur.
Etre formateur à l’IEDH, c’est valoriser et s’appuyer sur l’expérience des personnes comme socle de leur propre progression et de la progression du groupe.
Etre formateur à l’IEDH, c’est s’adapter en permanence aux besoins collectifs, mais aussi aux besoins de chaque individu ; c’est remettre en question ses outils et ses apports mais aussi actualiser ses compétences.
Etre formateur à l’IEDH, c’est enfin savoir (collectivement) confronter, questionner, adapter ses contenus et outils, analyser et faire progresser sa posture de formateur.
« Une passion et une mission»
Odile Cavaro, animatrice sur les formations à l’animation de groupe, à la communication et à l’ennéagramme
Etre formateur à l’IEDH, c’est avant tout une passion : la passion de transmettre de partager mon intérêt pour les relations humaines. C’est la joie de contribuer à l’amélioration des relations entre les hommes.
Etre formateur à l’IEDH, c’est aussi une mission : celle de transmettre un savoir-faire un savoir-être.
Etre bénévole est un premier pas, mais la bonne volonté ne suffit pas et il est nécessaire d’acquérir des compétences adaptées à son engagement. J’ai moi-même eu la chance de bénéficier de formations dispensées par l’IEDH dans le cadre de mon engagement avec les chantiers éducation.
Etre formateur à l’IEDH, c’est enfin contribuer à un service pour la société. Les associations représentent aujourd’hui un pivot essentiel dans le fonctionnement de notre pays. Contribuer à former des bénévoles permet de renforcer les liens entre tous.
Le grand plus de l’IEDH est de pouvoir travailler en équipe. S’engager à L’IEDH, c est allier la richesse de nos compétences et s’enrichir tous ensemble autour de moments forts.
« Accompagner et transmettre au plus près des besoins et des valeurs de chacun »
Evangeline Masson-Diez, nouvellement arrivée au sein de l’IEDH
Riche de quelques mois / semaines de recul, je dirais qu’être formateur à l’IEDH, c’est échanger et progresser au sein d’une équipe de professionnels. C’est accompagner et transmettre aux équipes de bénévoles les dynamiques associatives auxplus près de leurs besoins et de leurs valeurs. Enfin, c’est faire évoluer ses pratiques et affiner ses connaissances en étant proche du terrain et des acteurs.
« La fierté d’aider les autres »
Marie de la Rivière, formatrice à l’IEDH et spécialiste pour les thèmes des enfants précoces, de l’organisation du temps et de la gestion du temps
Être formateur à l’IEDH, c’est quoi pour moi ?
Et bien, c’est beaucoup de fierté !
Durant des années, en suivant les formations IEDH, j’étais admirative des formatrices et formations. Toujours pertinentes, profondes, humaines. Le jour où j’ai moi-même pu devenir formatrice pour l’IEDH, cela a été une grande fierté.
Je suis fière d’être formatrice dans un organisme avec de telles valeurs. Je suis fière de voir mettre à disposition de familles, de bénévoles des outils professionnels auxquels ils n’ont pas forcément accès, et qui leur sont profitables. Je suis fière de voir œuvrer pour les familles, pour les aider dans ce monde de plus en plus chaotique.
« L’homme et tous les hommes »
Guillaume Douet, directeur de l’IEDH
Je suis formateur à l’IEDH pour soutenir l’action des acteurs associatifs. J‘ai la profonde conviction que notre société repose actuellement beaucoup sur des initiatives citoyennes. Malgré une morosité ambiante, je peux voir presque quotidiennement des hommes et des femmes qui se lèvent pour soutenir les plus précaires, les plus fragiles, les personnes isolées ou les parents parfois déboussolés.
Je suis formateur à l’IEDH pour les rencontrer, les aider à échanger ; mais aussi pour faire passer des idées d’une association à une autre, d’une région à une autre, du secteur social au bénévolat.
J’apprécie l’esprit d’équipe de l’IEDH. Nous sommes nous-mêmes une association avec tout ce qui va autour : l’implication, la générosité, le débat et la complémentarité.
J’ai découvert la devise reprise par l’IEDH « L’homme et tous les hommes » alors que je n’étais âgé que de 20 ans. Elle était citée dans la charte de l’engagement des chefs scouts et m’a immédiatement profondément marquée. Je la trouve universelle car elle peut parler à chacun d’entre nous, mais je la trouve surtout très actuelle à l’heure où nous nous devons d’être encore plus en capacité d’ériger des ponts et non des murs entre nous tous.

